Vendeur Whatnot : calculer son vrai bénéfice et déclarer à l'URSSAF avec LiveCompta
Vendeur Whatnot : déclarer le chiffre d'affaires (pas le virement net), seuils DAC7, registres, plafonds 2026, et LiveCompta pour suivre votre bénéfice.
Sur Whatnot, l'argent arrive sur votre compte une fois la commission de la plateforme et les frais de paiement retenus. Pourtant, ce n'est pas ce virement que l'URSSAF vous demande de déclarer. Voici quand il faut un statut pour vendre en live, ce qu'on déclare exactement, les obligations d'un vendeur, et un outil pour les vendeurs Whatnot, LiveCompta, qui calcule le bénéfice de chaque live et le montant à déclarer.
En bref
- Le statut : dès que vous achetez pour revendre, c'est une activité professionnelle. Il faut la déclarer et obtenir un SIRET ; le plus simple est la micro-entreprise.
- Ce qu'on déclare : le chiffre d'affaires encaissé, c'est-à-dire le prix de vente de vos articles, avant la commission et les frais retenus par Whatnot.
- Les obligations : une déclaration chaque mois ou chaque trimestre, un livre des recettes et un registre des achats, et le registre des objets mobiliers si vous revendez de l'occasion ou des objets achetés à des particuliers.
- L'outil : LiveCompta récupère vos données Whatnot et calcule votre bénéfice et le montant à déclarer.
Vendre sur Whatnot : quand faut-il un statut ?
Vendre de temps en temps des objets personnels dont vous ne vous servez plus, c'est une vente de particulier. En général, ces ventes ne sont pas imposables, sauf exceptions (bijoux, objets d'art ou de collection, certains biens de plus de 5 000 €).
En revanche, les ventes de biens achetés pour être revendus sont imposables et doivent être déclarées. Acheter des boosters, des cartes à l'unité, des lots ou des vêtements pour les revendre en live avec une marge, c'est une activité professionnelle : il faut la déclarer et obtenir un SIRET. Le plus simple pour commencer est la micro-entreprise, dans la catégorie vente de marchandises (BIC).
Les seuils DAC7 : ce que la plateforme transmet aux impôts
Les plateformes de vente en ligne transmettent chaque année les informations sur leurs vendeurs (ventes réalisées, sommes perçues) à l'administration fiscale du pays de l'Union européenne où elles sont établies, qui les transmet à la France. Un vendeur n'est pas déclaré s'il a fait, sur cette plateforme et dans l'année, moins de 30 ventes de biens pour 2 000 € au plus : ce sont les règles européennes dites « DAC7 ». La plateforme doit aussi vous adresser, avant le 31 janvier, un récapitulatif de vos opérations de l'année précédente.
Attention : ce seuil décide seulement de ce que la plateforme transmet. Ce n'est pas une franchise. Un revendeur déclare tout son chiffre d'affaires, dès la première vente.
Chiffre d'affaires ou virement reçu : ce qu'on déclare
Le chiffre d'affaires à déclarer est la somme, hors taxes, de vos ventes encaissées sur la période. La règle officielle est nette : aucune charge ne doit être déduite du chiffre d'affaires, ni les commissions, ni les frais. Sur Whatnot, vous déclarez donc le prix de vente de vos articles (enchère gagnante ou prix fixe), avant la commission et les frais retenus par la plateforme, et non le virement que vous recevez.
Exemple : pendant un live, vous vendez pour 1 000 € de cartes. Whatnot retient sa commission et des frais de paiement, puis vous verse le reste. Vous déclarez 1 000 €, pas le montant du virement.
Pourquoi ? En micro-entreprise, vos charges (commissions, frais, achat du stock) ne se déduisent pas. Les cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d'affaires : 12,3 % pour la vente de marchandises en 2026. L'impôt est calculé après un abattement forfaitaire de 71 % pour la vente, ou, si vous avez choisi le versement libératoire (sous condition de revenus du foyer), il est de 1 % du chiffre d'affaires. C'est pour ça qu'il faut connaître son vrai bénéfice : un live qui « fait » 1 000 € peut laisser bien moins une fois le stock, la commission, les frais et les cotisations payés.
Les obligations du vendeur
- Déclarer son chiffre d'affaires chaque mois (par défaut) ou chaque trimestre (sur demande), même quand il est nul. Une déclaration oubliée ou faite après la date limite entraîne une pénalité de 60,10 € par déclaration manquante, et des majorations peuvent s'ajouter.
- Tenir un livre des recettes : chaque encaissement, dans l'ordre des dates, avec le montant, son origine (le client), le mode de paiement et la référence du justificatif (numéro de facture…).
- Tenir un registre des achats : le détail de tous vos achats, année par année, avec le mode de paiement et les références des factures. Livre, registre et justificatifs se gardent 10 ans à partir de la clôture de l'exercice.
- Surveiller le plafond de la micro-entreprise : 203 100 € de chiffre d'affaires par an pour la vente de marchandises (2026 à 2028). Dépassé deux années de suite, vous quittez le régime au 1er janvier suivant.
- Surveiller la franchise de TVA : vous facturez sans TVA tant que votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 85 000 € l'année précédente et 93 500 € l'année en cours. Au-delà de 85 000 €, la TVA s'applique au 1er janvier suivant ; au-delà de 93 500 € dans l'année, dès le jour du dépassement. L'année du début d'activité, ces seuils se calculent au prorata du temps d'activité.
Le registre des objets mobiliers : l'occasion et les achats à des particuliers
Si vous revendez habituellement des objets d'occasion, ou des objets achetés à des personnes qui ne les fabriquent pas et n'en font pas le commerce (par exemple des cartes, des lots ou même des boosters scellés achetés à des particuliers), deux obligations s'ajoutent :
- une déclaration préalable, avant vos premiers achats-reventes, à la préfecture ou à la sous-préfecture du lieu de votre établissement (votre domicile ou votre adresse de domiciliation si vous vendez seulement en ligne ; à Paris, la préfecture de police) ;
- le registre des objets mobiliers (aussi appelé « registre de police »), tenu chaque jour : il permet d'identifier chaque objet et chaque personne qui vous l'a vendu. Sur papier, c'est un registre coté et paraphé, rempli à l'encre indélébile ; sous forme électronique, il doit respecter une norme précise (ISO 14641-1). Les objets achetés 60 € ou moins pièce, sans intérêt historique ou artistique, peuvent être inscrits par lots.
Ne pas tenir ce registre, le tenir de façon inexacte ou refuser de le présenter est un délit (jusqu'à 6 mois de prison et 30 000 € d'amende). Ne pas faire la déclaration préalable est puni d'une amende de 1 500 €. Ces deux obligations ne concernent pas les produits neufs achetés à un fabricant, à un distributeur ou à un commerçant.
LiveCompta : un outil pour les vendeurs Whatnot
LiveCompta s'adresse aux vendeurs Whatnot en micro-entreprise, notamment de cartes Pokémon, de jeux de cartes à collectionner (TCG) et d'objets de collection.
- Vos données Whatnot récupérées automatiquement : une extension Chrome (publiée sur le Chrome Web Store) récupère vos relevés, vos lives, vos colis et vos avis Whatnot toutes les 3 heures, tant que votre ordinateur est allumé, sans fichier à télécharger.
- Votre bénéfice, live par live : commission Whatnot, frais de paiement, cotisations et coût du stock (que vous renseignez) pris en compte.
- Le montant à déclarer à l'URSSAF, chaque mois ou chaque trimestre, avec le versement libératoire et l'ACRE, et un registre des ventes à télécharger.
- Vos seuils sous les yeux : votre chiffre d'affaires face au plafond de la micro-entreprise, à la franchise de TVA et aux seuils DAC7.
- Un bot de live (formule Premium) : annonces automatiques, modération du chat, mode lent.
Les prix (relevés le 28 octobre 2026) : une version gratuite, sans date de fin et sans carte bancaire ; la formule Premium coûte 1,99 € par mois les 12 premiers mois, puis 4,99 € par mois, sans engagement.
Qui est derrière ? LiveCompta est créé par Playcards, une boutique de cartes Pokémon qui vend en live sur Whatnot. Il est édité par Jovany Dallois, en entreprise individuelle (SIRET 993 195 072 00018, à Donges). Selon l'éditeur, les données sont hébergées en France. Il publie aussi un guide, « Déclarer ses ventes Whatnot à l'URSSAF ».
À savoir avant de l'installer
- LiveCompta se présente lui-même comme un service indépendant : il n'est pas affilié à Whatnot ni approuvé par Whatnot.
- L'extension se sert de votre session Whatnot, et le bot agit dans le chat de vos lives. Avant de les utiliser, lisez les règles de Whatnot sur les outils tiers : ses conditions d'utilisation et ses règles pour les vendeurs.
- C'est une aide à la gestion : elle ne remplace pas un expert-comptable, et vous restez responsable de vos déclarations.
Pas encore de SIRET ? Commencez par là
Pour déclarer vos ventes Whatnot, il faut d'abord exister officiellement. MicroChrono vérifie votre dossier de micro-entreprise, le transmet au guichet unique et le suit jusqu'à l'attribution de votre SIRET. Avec le code LIVECOMPTA, la création vous revient à 45 € au lieu de 85 €, en paiement unique, sans abonnement.
La création d'une micro-entreprise est gratuite si vous la faites vous-même sur le site officiel du guichet unique ; notre prix rémunère l'accompagnement.
Pour aller plus loin : notre guide vendre sur Whatnot (inscription, stock) et celui sur la revente de seconde main.
Questions fréquentes
Faut-il une micro-entreprise pour vendre sur Whatnot ?
Pas pour vendre de temps en temps vos objets personnels. Dès que vous achetez pour revendre, c'est une activité professionnelle, qui doit être déclarée avec un SIRET ; la micro-entreprise est la forme la plus simple.
Je déclare le virement de Whatnot ou le total de mes ventes ?
Le total de vos ventes encaissées : le prix de vente de vos articles, avant la commission et les frais retenus par la plateforme.
Whatnot transmet-il mes ventes aux impôts ?
Les plateformes transmettent chaque année les informations sur leurs vendeurs, sauf pour ceux qui ont fait moins de 30 ventes de biens sur la plateforme, pour 2 000 € au plus dans l'année. Ce n'est pas un seuil d'imposition : un revendeur déclare tout son chiffre d'affaires.
Faut-il le registre des objets mobiliers pour revendre des cartes Pokémon ?
Oui si vous achetez des cartes à des particuliers (d'occasion ou même scellées) pour les revendre : déclaration préalable à la préfecture et registre tenu chaque jour. Non pour des produits neufs achetés à un fabricant, à un distributeur ou à un commerçant.
LiveCompta est-il gratuit ?
Il existe une version gratuite, sans date de fin et sans carte bancaire. La formule Premium coûte 1,99 € par mois les 12 premiers mois, puis 4,99 € par mois, sans engagement (tarifs relevés le 28 octobre 2026).
LiveCompta remplace-t-il un expert-comptable ?
Non. C'est une aide à la gestion qui calcule et prépare vos chiffres ; vous restez responsable de vos déclarations.
Sources (consultées le 29 octobre 2026)
- Micro-entrepreneur : quand et comment déclarer son chiffre d'affaires ? (entreprendre.service-public.gouv.fr) : « aucune charge ne doit être déduite du chiffre d'affaires (commissions, frais etc.) »
- Revenus de plateformes collaboratives (impots.gouv.fr) et obligations des opérateurs de plateforme (DAC7), § 310 (BOFiP)
- Comment déclarer mes revenus issus de l'économie collaborative ? (impots.gouv.fr) : ventes de particulier et achat pour revendre
- Obligations comptables du micro-entrepreneur (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Pour rester micro-entrepreneur, quel chiffre d'affaires ne pas dépasser ? (impots.gouv.fr)
- Franchise en base de TVA (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Cotisations sociales du micro-entrepreneur (entreprendre.service-public.gouv.fr) et régime fiscal de la micro-entreprise
- Démarrer la vente de biens d'occasion : la déclaration et le registre (Direction générale des entreprises) et vente de biens d'occasion par des professionnels (fiche générale : forme du registre)
- Frais et commissions des vendeurs (aide Whatnot, en anglais) : frais « automatically deducted from your revenue from that sale »
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